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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 09:56

 

 

     Le numéro de février de Philosophie magazine consacre une page à Bernard Rigaud, auteur de : Henri Maldiney, La capacité d’exister, chez Germina (2012). Bernard Rigaud dirige l’Association Drogue et jeunesse (Adaje). Son centre de soins utilise la philosophie (et l’art) comme moyen de lutte contre l’addiction. La philosophie contre les drogues. Plus généralement, Bernard Rigaud souligne que la philosophie est une ressource qui peut aider à se reconstruire dans des situations de détresse.

   Cette lumineuse idée, il la puise chez Henri Maldiney : « Le thérapeute que je suis ne saurait faire l’économie de la question : qu’est-ce que l’homme ? Qu’est-ce qu’une vie humaine ? Et il est vrai que j’y réponds dans les termes de Maldiney. Ce que le centre se donne pour mission de restaurer, de libérer, c’est ce qu’il appelle la capacité d’exister. » Même si Pascal Coulon (auteur de René Girard, L’impensable violence, également chez Germina – les bons auteurs sont chez Germina), cité dans l’article, précise : « La problématique de l’addiction est d’une telle complexité qu’elle impose de rester modeste », on ne peut éviter de sentir que la voie est prometteuse.

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    Cette voie n'est pas seulement prometteuse parce que les philosophes, depuis Socrate, proposent des sagesses (soin de l’âme ou souci de l’être). Elle l’est – j’aimerais ajouter pour ma part ce point de vue, et les propos qui suivent n’engagent que moi – en tant que la philosophie est un produit. C’est l’une des choses les plus méconnues de cette vénérable discipline. Les philosophes hausseront les épaules quand on leur dira qu’ils manipulent une formule chimique, qu’ils consomment une substance, qu’ils expérimentent un psychotrope. C’est bien dommage. Ils croiront rabaisser leur activité en avouant qu’elle est fondamentalement addictive. C’est pourtant exactement le contraire.  En découvrant la nature de drogue de la philosophie, on est en mesure d’explorer ses propriétés. Herbe, résine, breuvage au principe actif entièrement à découvrir, voilà ce qu’a toujours été, ce qu’est la philosophie.

   Pour se convaincre de la nature de drogue de la philosophie, il est de nombreuses voies. J’en propose quelques unes dans La philosophie comme drogue, Germina, 2012, mais j’ai le sentiment d’avoir à peine égratigné le sujet, en outre avec une timidité que je regrette. Il faudrait se demander, par exemple, pour quelle raison une philosophie peut nous intéresser, de cette façon singulière dont elle nous intéresse. Il y a une lente accoutumance, une pente où l’on s’engage avec peine et embarras, et qui nous fait glisser, de plus en plus vite, dans une irrémédiable dépendance. La came philosophique, n’en goûtez pas si vous voulez garder la « maîtrise » de vos pensées. Le paradoxe, c’est que cette nature de stupéfiant n’empêche pas la philosophie d’être une lutte contre tous les opiums. Paradoxe ? Non, bien sûr. Il faut bien quelque contre-opium, si l’on veut se libérer de l’opium. Un opium plus fort, plus virulent.

   À noter : Pascal Coulon, qui travaille lui-même dans l’association dirigée par Bernard Rigaud, prépare un livre pour les éditions Germina : Philosophie et soin. La date de parution sera annoncée sans tarder.     

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Published by Jean Tellez
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