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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 19:02

   Dans le journal Libération des 8 et 9 mai 2013, le dernier livre de Jean-Pierre Faye, Lettre sur Derrida, Combat au-dessus du vide (Germina, mars 2013) a été mis en cause dans une lettre signée de huit membres du collège international de philosophie, dont Jean-Luc Nancy et Barbara Cassin. Estimant que le livre est une attaque de Derrida, ces philosophes s’ingénient à laver la « déconstruction » et la critique du logocentrisme de tout soupçon d’affinité avec le nazisme. Or le livre de Jean-Pierre Faye n’explorait guère ces sentiers douteux. Il s’agissait plutôt de relever un simple aveuglement ponctuel de Derrida quant à l’histoire accomplie, et tragiquement traversée, par les concepts heideggeriens (et derridiens) de déconstruction (Abbau) et de « dépassement de la métaphysique », mais aussi par la critique du logocentrisme de Ludwig Klages. Que ces concepts aient traversé, en une partie de leur histoire, le paysage nazi, cela était à souligner. L’excès d’agressivité dont la missive faisait montre l’affaiblit par là même.

   Jean-Pierre Faye a pu répondre à l’attaque dans l’édition de Libération du 24 mai. Dans Le Nouvel Observateur du 30 mai 2013, Eric Aeschimann, revient sur l’affaire, mais dans une perspective autre : les dessous de la fondation du Collège international de philosophie. Il faudrait bien, en effet, rendre compte et mémoire de cette péripétie, qui a vu l’initiateur du projet (Jean-Pierre Faye) devenir l’exclu même du projet, et le second venu (Derrida) y pendre le pouvoir. Qu’un philosophe puisse avoir une telle aptitude à la mainmise sur une institution pose au moins un problème, qu’il était utile de soulever.

   Par ailleurs, la fascination des intellectuels français pour des penseurs compromis avec le nazisme comme Heidegger et Carl Schmitt, doit elle-même être interrogée. N’en déplaise à beaucoup, c’est à nouveau Derrida qui doit nous poser problème, lui qui s’inspirait abondamment de Heidegger et admirait le juriste allemand, inventeur de « l’État total », forme allemande, selon Schmitt lui-même, de l’État totalitaire du fascisme italien. Encore une fois, il ne s’agit pas d’attaquer Derrida, mais de l’interroger.      

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Published by Jean Tellez
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