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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 11:02

 

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    Le titre du livre que Stéphane Vinolo consacre à Jean-Luc Marion pourrait étonner : Dieu n’a que faire de l’être. Dieu n’a-t-il pas affirmé de lui-même, si l’on peut dire, dans Exode 3,14 : « Je suis celui qui est » ? Ce titre se fait l’écho de l’ouvrage de Marion de 1982 : Dieu sans l’être (Fayard), dont le propos était de penser Dieu en le libérant de la catégorie de l’être et, plus généralement, de l’arraisonnement par les discours métaphysiques.

   Stéphane Vinolo, souligne que l’œuvre de Jean-Luc Marion ne relève pas pour autant de la théologie, même si elle se confronte à une certaine théologie : celle qui pense, dans le sillage de Thomas d’Aquin, un Dieu affine à l’être. Elle pense un Dieu totalement délié du problème ontologique, un Dieu d’amour qui, à ce titre, pourrait-on dire, n’a que faire de l’être.

   S. Vinolo présente la pensée de Marion dans son cheminement philosophique depuis ses premiers travaux sur Descartes : Sur l’ontologie grise de Descartes (1975), Sur la théologie blanche de Descartes (1981). La philosophie de Marion est phénoménologique et, à ce titre, elle se confronte à la phénoménologie de Husserl ainsi qu’à la pensée de Heidegger. Mais le point de vue sera radical. Il s’agit de parvenir à une réalisation des objectifs premiers de la phénoménologie husserlienne, de libérer un apparaître qui a toujours été pensé à partir des limitations imposées par le point de vue d’un sujet. Ce qui nous apparaît dans le monde se trouvera ainsi éclairé à partir de lui-même, comme une donation sans condition, sans donateur et sans destination. Marion décrit des phénomènes qui débordent littéralement des cadres de la visibilité : des phénomènes saturés comme l’événement, l’idole, l’icône et la chair. Comme le dit S. Vinolo, le propre de ces phénomènes « n’est pas de ne pas apparaître suffisamment, mais au contraire d’apparaître trop ». « Ils peuvent en devenir invisibles, du fait qu’ils mettent à l’épreuve notre réceptivité, ils saturent notre capacité à les percevoir. »

    Il s’agit, au fond, de décrire ce qui nous dépasse et par là nous appelle. C’est la révélation par laquelle les phénomènes nous sont donnés, toujours sans condition et en excès, qui se trouve interrogée. La révélation, splendeur du phénomène, nous conduit aux abords de la Révélation elle-même, aux abords d’un Dieu, qui n’est plus l’être suprême de l’onto-théologie, mais un Dieu de la charité.

 

Dieu n’a que faire de « l’être »

Une introduction à l’œuvre de Jean-Luc Marion

Par Stéphane Vinolo

Nov 2012 / 180 p. / 15,90 € / ISBN : 978-2-917285-36-7

Parution le 7 novembre 2012

 

4e de couverture :

 

La philosophie de Jean-Luc Marion est phénoménologique. À ce titre, elle décrit et interroge les manifestations phénoménales qui tissent notre condition. Mais le point de vue suivi est radical : il pousse philosophie et phénoménologie au cœur de la manifestation des choses, au lieu de leur déconcertante donation. Les phénomènes se donnent sans se soumettre au sujet qui les reçoit et sous la forme d’un don sans limite. Ainsi de l’événement, de l’idole, de l’icône et de la chair, phénomènes exemplaires de la donation, telle que la pense Marion.

Il n’est pas étonnant dès lors que cette phénoménologie se confronte à une certaine théologie. En mettant au jour le caractère conceptuel et idolâtrique du Dieu de la métaphysique, Marion nous aide à penser un Dieu d’amour totalement délié du problème de l’être. L’amour en effet est don et donation purs. Il se donne antérieurement à l’être, voire en son absence.

Sur le chemin de cette philosophie, nous croisons les objets techniques, la peinture, l’invisibilité, le don, la caresse, la confession, la prière… À chaque fois, il s’agit de décrire ce qui nous dépasse et par conséquent nous appelle.


Né en 1976, docteur en philosophie, Stéphane Vinolo enseigne dans le département de Languages and Cross-Cultural Studies de Regent’s College à Londres. Auteur de plusieurs livres consacrés à la philosophie française contemporaine, il est membre du Regent’s Centre for Transnational Studies.

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Published by Jean Tellez
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commentaires

Un partisan du bar 22/12/2013 00:06


Saleté de psychiatre qui se font passer pour des philosophes et prennent des fauteuils à l'académie française pour présenter des livres comme l'idole et la distance et tenir des bar  à putes
ou il faut réserver. Saleté de secte. Assasin de jean De lubac.