Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA PHILOSOPHIE CHEZ GERMINA
  • : Rendre la philosophie populaire.
  • Contact

Recherche

Articles Récents

17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 08:14

 

zizek-couv

 

   Ces textes de Slavoj Žižek sont des variations sur le thème du sujet et de la subjectivité. Le fil directeur est cartésien, bien qu’en un sens inattendu. Le cogito que l’on trouvera ici n’est pas le centre souverain de nos pensées conscientes, pas plus que la fenêtre qui ouvrirait quelque « Théâtre » intérieur de la conscience de soi. Il n’est pas de type psychologique et n’est certes pas le point d’ancrage de quelque énième philosophie de la conscience. Tout au long de ces quatre textes nous serons à l’orée d’un sujet de l’inconscient, « entre-deux » évanouissant, fuyant, rétracté, jamais donné et pourtant médiateur en profondeur du passage de la nature à l’univers symbolique.

  On appréciera la virtuosité avec laquelle Slavoj Žižek manie ces thèmes, les retrouvant dans les contextes les plus divers : l’oeuvre d’Orson Welles, le Parsifal de Wagner, les bestsellers d’Ayn Rand, La Source vive, La Révolte d’Atlas, le schéma des quatre discours et les formules de la sexuation chez Lacan, l’oeuvre de Beckett, mais aussi les neurosciences, le cyberespace…

 

L’avis d’Adèle van Reeth (Les Nouveaux chemins de la connaissance, France Culture, 30 nov. 2010) « Les quatre textes de Žižek que publient actuellement les éditions Germina sont bien l’expression de la souplesse intellectuelle dont fait preuve Zizek : il s’agit d’une relecture du cogito cartésien à travers des prismes de lecture inattendus. On y trouve ainsi un chapitre sur le cogito en littérature, entre Descartes et Beckett, un autre sur cogito et cyberspace, « Contre l’hérésie numérique », avec un sous-chapitre intitulé « Pas de sexe s’il vous plaît nous sommes numériques ». Et au fil des pages, on rencontre Orson Welles, Churchill, Wagner, autant de détours qui permettent de rencontrer un cogito, non pas centre de nos pensées conscientes, mais plutôt comme sujet de l’inconscient, un entre-deux, évanouissant, fuyant, jamais donné. Un livre bien représentatif de la verve de Žižek. » 

 

Les fidèles de ce blog qui désirent recevoir ce livre en cadeau de Noël sont invités à nous laisser leur adresse (en utilisant le lien contact en bas de page). 

 

Prochaine parution, 19 janvier 2011, Alain Badiou, La relation énigmatique entre philosophie et politique, 96 p., 12 € 

 

 

 

badiou-la relation-couv2-copie-1 

Repost 0
Published by Jean tellez
commenter cet article
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 20:21

   Hier, je proposai l’idée que tout philosophe est irrésistiblement attiré par quelque pensée secrète, plus exactement par un savoir : savoir qu’il existe. Certes, le terme de savoir peut apparaître incongru en ce lieu. Savoir, c’est être tiré d’une ignorance quelconque. De quelle ignorance pourrait-on bien être tiré quand on réalise que l’on existe ? Chacun est d’emblée au fait de son existence et peut penser que, si savoir il y a, c’est le plus plat et le plus inutile (c'est-à-dire un degré zéro du savoir). Mais là est précisément la spécificité philosophique. Que j’existe, voilà qui m’apparaît chaque fois que j’y pense, et si j’ai la fibre philosophique, comme un fait nouveau, un fait qui parvient à ma connaissance pour la toute première fois. Un tel savoir devient par là même attirant, il devient un aimant logé au milieu des pensées. Comme des brins de limaille, mes pensées dispersées adoptent une forme étrange. Elles adoptent la forme qui exprime pour moi le savoir que j’existe. Je propose de définir ce phénomène comme l’intelligence. L’intelligence est un ébranlement, une mise en forme des pensées sous l’effet d’un « attracteur étrange ».

   On trouve un tel élément attirant et attracteur dans toutes les grandes philosophies et il est toujours défini comme la source de toute intelligence. Ainsi, le Bien dans la République de Platon, ou le Premier Moteur immobile dans la Métaphysique d’Aristote, explicitement présenté comme un aimant. Il est « comme le désirable et l’intelligible qui meuvent sans être mus ». Dans ces quelques mots très resserrés, il y a l’essentiel : quelque chose nous attire au double titre du désirable et du magnétique, et nous rend intelligents.

   Mais laissons ces grandes autorités et demandons-nous ce qui est susceptible de nous donner cette qualité, si étrange au fond, de l’intelligence. Elle ne peut être autre chose qu’une pensée éveillée, dynamisée. Éveillée, dynamisée par quoi ? Quelle est la source de l’ébranlement ? Nous sommes obnubilés par l’idée que l’intelligence est affaire de capacités fonctionnelles : aptitudes logiques, analytiques, intuitives. Cela est indiscutable. Mais de quelle manière une intelligence utilise-t-elle ces capacités fonctionnelles ? Sans doute d’une façon toujours un peu déroutante. Comme si l’on y faisait passer un courant, une turbulence, une inquiétude peut-être. Cherchons quelle peut bien être l’idée, la pensée perturbatrice. Savoir que l’on existe paraît le meilleur candidat.

   Faisons bien ressortir « savoir » dans cette expression. Donnons-lui toutes les résonances possibles. Entendons « contemplation », « réflexion », « méditation », « exploration »… Nous sentirons alors que le terrain emporte, que ce savoir fait décoller… Il est le plus minimal et le plus susceptible d’extension de tous les savoirs. Non qu’il nous promette des réponses : il nous promet plutôt de se multiplier en savoir à la puissance toujours plus grande, c'est-à-dire en désir d’en savoir toujours plus. C’est un savoir explorant. On peut dire alors comme Nietzsche : « Jamais un monde connaissances plus profondes ne s’est ouvert à la hardiesse des navigateurs et des aventuriers » (Par delà bien et mal, I, 23)                

Repost 0
Published by Jean tellez
commenter cet article
12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 11:24

   L’idée court depuis Platon que les philosophes sont les « amis » de la sagesse. Sur cette amitié, il y aurait beaucoup à dire. Autant sans doute que sur la « sagesse ». On a relativement peu parlé de cette amitié ou de cet amour, et abondamment traité de la « sagesse ». Pourtant, éclairer le premier point aiderait à comprendre la nature du second. On devrait chercher quelle « sagesse » séduisante, fascinante, irrésistiblement attrayante, est recherchée par les philosophes. On devrait se poser la question : quel type de savoir se trouve être à la fois éclairant et réjouissant, rationnel et passionnant, solide et délicieux ? Un tel savoir, si par hasard il était possible, serait bien déroutant. Si l’on arrivait à l’exposer, on produirait le véritable « attracteur étrange » de la philosophie : le nœud de sentiments et d’affects qui aimante des pensées dispersées et produit une philosophie. Seulement voilà : il n’est nullement facile de le mettre à jour. De très puissantes résistances se coalisent pour l’étouffer.

   Pour en donner une idée, il suffit de rappeler une expérience familière. Qui de nous supporterait l’idée de voir dévoilées (publiquement, et non sur le divan d’un psy) ses pensées les plus secrètes ? Or ces mêmes pensées sont le cœur même de notre être, le noyau sur lequel nous nous construisons continuellement et assurons notre ancrage social. Ce qui est un incroyable paradoxe : le fond même de ce qui constitue une société est le secret le mieux gardé, le noyau de ce que nous nommons « public » est profondément caché. Le soubassement d’une individualité, pourrait-on dire (peut-être), n’est rien d’autre que le mal lui-même. J’ai toujours été frappé par un propos fugace de Bergson dans Les deux sources de la morale et de la religion, où il suggère qu’on ne construit une véritable humanité qu’en se détournant de celle que l’on trouve au fond de soi. Il ajoute : « Le mal se cache si bien, le secret est si universellement gardé, que chacun est ici la dupe de tous : si sévèrement que nous affections de juger les autres hommes, nous les croyons, au fond, meilleurs que nous. Sur cette heureuse illusion repose une bonne partie de la vie sociale. » Cela rappelle le propos de Pascal : « Que le cœur de l’homme est creux et plein d’ordure ! »

   Mais le secret pourrait bien ne pas être si redoutable et désespérant… La part soi-disant maudite et maléfique de l’homme n’est peut-être encore qu’une construction, une manière de rester dupe de soi. Il est possible que le fond de l’affaire soit relativement rassurant… Ce que nous avons au plus profond de nous est plutôt un François Pignon, le personnage de Francis Veber dans Le Placard ou Le Dîner de cons (ou un Fatal Bazooka, le personnage incarné par Michaël Youn dans Fatal) : un être fondamentalement dénué de puissance, maladroit et aux prétentions risibles. Un être aussi, notons-le soigneusement, fondamentalement bon. Bon parce que dérisoire, incapable de se hausser, tant il est imprégné de sa finitude, à la transcendance inquiétante du mal. Mais peu importe la nature exacte de cet être secret que nous portons en nous. L’important, c’est qu’il soit, qu’il existe. C’est lui qui existe vraiment. C’est lui le « Dasein ».

   Avec cette idée, revenons à la philosophie. Si l’origine de l’attraction, de l’aimantation qui produit une philosophie est un des secrets les mieux gardés, c’est pour une raison simple : elle concerne le cœur même de l’individualité. Je voudrais proposer une idée toute simple et qui sera sans nul doute violemment rejetée par tout philosophe de profession. L’attraction (l’amour, l’amitié) qui produit la philosophie est de savoir que l’on existe. C’est aussi un personnage, un François Pignon, un Fatal Bazooka (ou un Charlot, le paradigme de tous ces personnages) qui se montre alors, quoique dans une modalité particulière : un être tout étonné d’être et rendu perplexe et maladroit, mal à l’aise dans le monde des valeurs et des idées en cours, par l’idée de son existence. Ce que le philosophe ajoute de singulier à ce sentiment, qui est sans doute plus répandu qu’on ne croit, est assez simple à décrire : c’est une irrésistible attirance pour cet être se découvrant être, cet être qu’il est. Cette redondance du verbe être est d’ailleurs sa formule secrète, son secret pour penser (à l’instar du « je suis celui qui suis » biblique), comme en témoigne la manière dont Heidegger conçoit le Dasein : « l’être pour qui, dans son être, il y a va de son être ».

   C’est sans doute cette attirance pour son être propre, ce regard fasciné avec lequel on se regarde exister qui constitue le nœud de l’affaire ; cela explique que chaque philosophe se taise sur l’origine de sa propre philosophie. En dire quelque chose, serait avouer qu’il est le seul objet de sa philosophie, que l’objet qui l’attire (sous le nom de sagesse, ou de quelque autre nom), c’est lui. Cette idée que l’on peut s’aimer irrésistiblement (que l’on est profondément ému et remué par une existence entre les existences, la sienne) est sans doute l’une des plus inavouables. L’intéressant, c’est qu’elle est aussi l’une des plus fécondes sur le plan du bonheur et de l’intelligence. Mais il s’agit bien d’un savoir : il faut savoir s’aimer.        

Repost 0
Published by Jean tellez
commenter cet article
3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 14:43

miller 

 

Paru début novembre 2010. Se lit en deux / trois heures. Une introduction vivante et claire à l'oeuvre de Jacques-Alain Miller. 16 euros.

 

Quatrième de couverture : Ce livre reprend l’essentiel de la pensée de Jacques-Alain Miller, une pensée qui prend corps dans la philosophie pour aboutir à l’élaboration d’une nouvelle clinique et de nouveaux concepts psychanalytiques. Elle se propose de passer en psychanalyse du registre du sens à l’ordre insensé et sans loi du réel. C’est là prendre au sérieux le changement de paradigme proposé par Lacan dans son tout dernier enseignement.

    Le « cap vers le réel » que nous propose Miller est-il tenable ? Quelles en sont dès lors les implications pour la clinique psychanalytique ? Comment comprendre qu’il puisse ainsi s’agir d’abandonner les rives de la signification ? Et surtout quelle politique peut-on déduire d’une telle pratique rénovée de la psychanalyse ?

    C’est principalement à ces questions que cet ouvrage, le premier consacré intégralement aux travaux de Jacques-Alain Miller, se propose d’introduire. Le lecteur y découvrira une pensée haute en couleur et désireuse de répondre aux impasses croissantes de la civilisation actuelle, mais aussi quelques mises au point sur les polémiques qui entourent et ont entouré le personnage.

    Il y découvrira aussi, comme en filigrane, une élucidation de certains points obscurs de la pensée de Jacques Lacan.   

 

    Nicolas Floury, psychologue clinicien et doctorant en philosophie à l’université Paris X Nanterre, travaille actuellement sur le rapport entre philosophie et psychanalyse.

 

L'avis de Catherine Bonningue

 

Repost 0
Published by Jean tellez
commenter cet article
12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 13:38

   
La joie et le tragique, Introduction à la pensée de Clément Rosset, sort début octobre. 160 p., 15 euros. Le livre donne une idée générale de cette pensée profonde, joyeuse et méconnue. J'ai essayé, en outre, de mener une enquête sur la nature exacte de la joie de vivre chez Clément Rosset. S'agit-il en particulier d'une joie d'exister?
 


  

Repost 0
Published by Sancho
commenter cet article