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LA PHILOSOPHIE CHEZ GERMINA

Rendre la philosophie populaire.

La vie a-t-elle un sens?

-Le-Lys-Dans-La-Vallee-.jpg

 

   Questionner est une belle possibilité. À double titre : par son ampleur et par l’ingéniosité qu’elle peut montrer. Parlons de l’ampleur. Pour la saisir, il faut songer à tous les actes, toutes les attitudes qui pourraient se ramener à une question. Il peut être banal de dire qu’un regard, une attitude « interrogent ». Mais tant d’autres choses peuvent interroger. Des pas, par exemple. Je ne sais pas ce qu’il y a au bout de ce sentier, je l’interroge en m’y engageant, ma marche formule ma question.

   Nos pouvoirs techniques, intellectuels commencent là : quelques gestes posés comme question au monde ou à la nature. Ainsi pour l’élaboration d’un art du feu. Nos ancêtres ont dû se mettre à interroger anxieusement leurs silex : « voulez-vous aujourd’hui me donner cette merveille, le feu ? » La réponse « oui » était le jaillissement de la flamme.

   Il est une autre possibilité à considérer avec soin : notre capacité à recevoir des réponses. On croit trop qu’il s’agit de la même, que l’art d’interroger serait aussi l’art de trouver. Or, ce n’est nullement le cas. Nous avons là deux possibilités différentes et, quasiment, exclusives l’une de l’autre. On peut déjà le sentir dans la situation suivante. Je pose une question à quelqu’un. Il me répond : « Je vais te répondre mais, d’abord, es-tu prêt à entendre la réponse ? » Comme si interroger et recevoir la réponse étaient bien deux dispositions exclusives.

   L’explication de ce fait est assez simple. Les mots, les gestes qui demandent sont une action, le résultat éventuel – la réponse – est une passion (en son vieux sens de passivité, mais aussi en son sens courant, nous le verrons bientôt). On notera ainsi qu’une réponse nous affecte. Elle laisse en nous une marque, une empreinte. Sa matière n’est pas exactement faite de concepts que nous aurions à démêler, mais plutôt d’une impression où il s’agit de retrouver – l’opération peut être difficile – ce qui répond exactement à notre demande. Une réponse peut nous déborder, elle peut submerger, bousculer les concepts mis en place pour la recevoir. Si elle peut être éclairante, elle ne saurait jamais nous satisfaire vraiment.

   Je peux dire à quelqu’un « je t’aime ». Dans la plupart des cas, c’est une question : « M’aimes-tu aussi ? ». Les mots reçus en retour : « Je t’aime, moi aussi », peuvent m’affecter d’allégresse, mais ne sauraient me combler. Ce que j’attendais, un peu absurdement, ce n’était pas de recevoir une réponse, mais de savoir vraiment. M’aime-t-elle vraiment ? La question reste entière.

   Tout cela aide à comprendre la nature des questions philosophiques. Contrairement à ce que beaucoup croient, ce ne sont pas des questions « sans réponse ». C’est exactement le contraire. Ce sont des questions au sens le plus simple et le plus fondamental. Comme les gestes qui déclenchent le feu, elles cherchent à provoquer de la réponse. Prenons la question « Dieu existe-t-il ? ». Dans quelle mesure cette question sera-t-elle vraiment philosophique ? Il suffit d’examiner avec soin comment Descartes, par exemple, procède dans ses Méditations métaphysiques. On y trouve, certes, des raisonnements que Descartes met en œuvre, lesquels aboutissement à « démontrer » l’existence de Dieu. La réponse « Dieu existe » paraît donc produite par la seule force de la raison. Elle ne paraît pas reçue, de la manière que nous venons de décrire. Pourtant rien n’est plus faux. Cette preuve de l’existence de Dieu est produite par quelque chose qui a répondu à Descartes. Qu’est-ce ? L’idée d’infini, présente, en une marque, en une empreinte au fond de son esprit.

  Tout se passe si l’on veut ainsi. Je pose la question : « Dieu existe-t-il ? » et l’idée d’infini répond : « Oui, et il t’a créé, puisque je suis en toi pour en témoigner, telle la marque de l’ouvrier sur son ouvrage » (je paraphrase Descartes). Autrement dit, la question philosophique se formule d’abord, puis cherche où la réponse se reçoit. Cela peut être d’ailleurs l’inverse, sans que rien ne soit modifié à cette relation question/réponse : je trouve en moi une marque, une impression (par exemple cette idée d’infini, si mal nommée « idée ») et je cherche à quelle importante question elle pourrait bien répondre.

   Cette relation permanente entre question posée et réponse reçue explique la structure intime de notre être au monde. D’une part, nous sommes plongés dans une attitude qui est structurellement questionnante (y compris lorsque nous n’interrogeons pas explicitement ou consciemment). Heidegger est donc tout à fait fondé à définir le Dasein (l’existant que nous sommes) comme un être toujours en butte à la question de son être. D’autre part, nous sommes en permanence affectés de réponses. Si nous affrontons la question du sens de notre être, nous sommes tout autant en butte à des réponses qui nous assaillent. C’est pourquoi Heidegger donne une telle importance, dans Être et temps à des notions comme la Befindlichkeit (le sentiment d’être là), l’angoisse, et l’être-pour-la-mort. D’une certaine façon, nous avons à nous débrouiller avec tout ce qui fond sur nous quand nous questionnons le sens de notre être. Et il ne s’agit pas vraiment d’idées, de concepts. Cela déborde plutôt le champ intellectuel.

   Ainsi les « réponses » sensées, ou que l’on croit telles, à des questions comme « la vie a-t-elle un sens ? » sont de pures inepties. Elles sont un bavardage inutile, car des réponses, dans ce domaine, nous n’avons pas à les trouver nous-mêmes. Elles nous affectent bien assez. Songez à la grande différance de notre mort. C’est le mot forgé par Derrida, mais je l’emploie ici pour dire l’impression, qui nous marque profondément, d’avoir à mourir (Derrida devait bien songer lui aussi à quelque chose comme ça). Ainsi, d’avoir à mourir, c’est l’une des réponses reçues à la question : « Quel sens a ma vie ? ». Évidement, ce n’est pas la seule.

   D’avoir à passer notre vie dans le choc permanent de réponses reçues, fait de notre existence une histoire, de notre temps une intrigue. C’est parce que nous recevons des réponses capitales, de la part du monde et des êtres qui nous entourent, que nous avons véritablement des choses passionnantes à vivre. Ainsi, imaginons : je fais quelque chose qui revient à poser une question à quelqu’un. Une bonne question. Entendons par là une question provocante, de celles qui veulent déclencher la réponse. Mon action me revient alors sous la forme d’une intrigue à vivre. C’est cela le point intéressant : la réponse est une intrigue où s’aventurer. J’y aurai des possibilités nouvelles, une nouvelle vigueur, une envie de vivre renouvelée – car le bout de cette histoire, dont je suis désormais affecté, je veux absolument le connaître.

1311560-Honoré de Balzac le Lys dans la vallée

 

   Dans Le Lys dans la vallée de Balzac, le tout jeune Félix, pris d’une soudaine inspiration, embrasse les épaules nues de Madame de Mortsauf, et ce sans aucun type de préliminaires. Pour décrire la réaction, laissons la parole à Balzac :

   Cette femme poussa un cri perçant, que la musique empêcha d’entendre ; elle se retourna, me vit et me dit : « Monsieur ? » Ah ! si elle avait dit : « Mon petit bonhomme, qu’est-ce qui vous prend donc ? » je l’aurais tuée peut-être ; mais à ce « monsieur ! » des larmes chaudes jaillirent de mes yeux. Je fus pétrifié par un regard animé d’une sainte colère, par une tête sublime couronnée d’un diadème de cheveux cendrés, en harmonie avec ce dos d’amour. Le pourpre de la pudeur offensée étincela sur son visage, que désarmait déjà le pardon de la femme qui comprend une frénésie quand elle en est le principe, et devine des adorations infinies dans les larmes du repentir.

   On ne peut apprécier toute la provocation du geste de Félix qu’en y voyant une question. Une question à la sublime Madame de Mortsauf, certes, mais aussi à sa propre vie à lui : « Vais-je enfin être heureux ? » Le roman de Balzac ne raconte rien d’autre, au fond, que le dépliement de cette réponse, il se borne à plonger le lecteur dans la profondeur de cette passion qui vient de s’ouvrir – jamais mieux nommée passivité qu’ici.

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P
<br /> quel magnifique blogue philosophique que le vôtre:)))<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> LE RIEN, (wow-t=2.7K)<br /> se nomme peut-être<br /> BEAUTÉ DU MONDE<br /> <br /> <br /> Dans le cadre d’un doctorat en phénoménologie<br /> sur la question suivante:<br /> <br /> <br /> SI UNE PERSONNE<br /> PREND SOIN DE LA BEAUTÉ DU MONDE<br /> SE PEUT-IL QUE LA BEAUTÉ DU MONDE<br /> PRENNE SOIN DE CETTE PERSONNE?<br /> <br /> <br /> permettez-moi de vous offrir une de mes chansons:<br /> <br /> <br /> —-<br /> <br /> <br /> DANS LA BEAUTE DU MONDE<br /> <br /> <br /> dans la beauté du monde<br /> dans la beauté du monde<br /> je marcherai<br /> <br /> <br /> deux âmes sioux m’inondent<br /> deux âmes sioux m’inondent<br /> <br /> <br /> dans votre beauté du monde<br /> France et Jean-René<br /> je marcherai<br /> <br /> <br /> suis devenu<br /> <br /> <br /> un arbre qui marche<br /> parce qu’il relève ses racines<br /> <br /> <br /> un doux vieillard<br /> qui le soir délasse ses bottines<br /> <br /> <br /> une belle jeune fille<br /> qui r’trousse sa jupe<br /> parce qu’elle dessine<br /> <br /> <br /> le bout d’ses doigts<br /> dans la rivière<br /> <br /> <br /> dejà fini<br /> l’été d’hier<br /> <br /> <br /> reste le canot de Jean-René<br /> les fruits de France et sa bonté<br /> <br /> <br /> sur leur galerie<br /> de Notre-Dame de Montaubant<br /> <br /> <br /> je me prépare pour l’hiver<br /> tel un enfant<br /> <br /> <br /> car mes deux ames sioux<br /> ont fait de moi<br /> un arbre-fou<br /> <br /> <br /> comme le canot de Jean-René<br /> sur la rivière Batiscan<br /> <br /> <br /> comme les fruits de sa belle France<br /> de Notre-Dame de Montauban<br /> <br /> <br /> je traverserai<br /> l’éternité<br /> en marchant<br /> la neige et le vent<br /> <br /> <br /> Pierrot<br /> vagabond céleste<br /> —–<br /> http://www.enracontantpierrot.blogspot.com<br /> http://www.reveursequitables.com<br /> <br /> <br /> http://www.demers.qc.ca<br /> chansons de pierrot<br /> paroles et musique<br /> <br /> <br /> monsieur 2.7k (roman phénoménologique)<br /> http://www.reveursequitables.com,presse,(monsieur 2.7k)<br /> <br /> <br /> sur youtube,<br /> Simon Gauthier conteur video vagabond celeste<br /> <br /> <br /> longue vie à votre blogue<br /> <br /> <br /> Pierrot<br />
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A
<br /> Plus expéditif la Révolution des orbes célestes n'est pas une insurrection, ce que tu nommes comme telle révolution, pourtant c'est de cette première que découle l'emploi de révolution pour<br /> désigner les insurrections populaire. Même le terme d'explosion (numérique) est métaphorique.<br />
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J
<br /> Sur la "révolution numérique", je prends note de tes nombreux arguments. Ils sont tous éclairants. Le problème, à mes yeux, c'est le mot "révolution". Nos moyens de communication changent à toute<br /> vitesse, et changent en toutes directions, prenant des voies divergentes. Il faudrait se contenter de parler d'explosion numérique. Qu'elle nous bouleverse, c'est évident. mais je ne vois aucun<br /> sens là-dedans. En particulier rien qui puisse éveiller quelque espoir, comme l'a fait dans le passé le terme de "révolution". Mais de même, pourrait-on dire, l'explosion numérique, ne nous<br /> menace plus de tout ce que les "révolutions" des siècles passés nous ont apporté d'horreur. Le problème de l'explosion numérique est bien qu'elle est totalement neutre, absurde si l'on veut et,<br /> j'insiste sur ce point, sans aucun effet sur la pensée. L'idée de philosopher sur les nouveaux modes de communication, c'est un passe-temps assez innocent, d'où il ne sortira rien.<br /> <br /> <br /> Quant aux sauts quantiques, si tu entends par là les fulgurances philosophiques, je te suis pour en noter l'importance. Mais là aussi, je vois un problème. En matière de fulgurance philosophique,<br /> il y aurait un considérable travail à faire, qui est de reprendre le point de vue nietzschéeen de l'évaluation. A quoi bon des fulgurances, si elles sont catastrophques pour la vie, barbares? Je<br /> dirai même : à quoi bon des fulgurances, si elle n'apportent rien à l'existence et aux problèmes de l'humanité. Ce n'est pas que je veuille à tout prix que la philosophie soit utile. Mais c'est<br /> que je me dis de plus en plus qu'il faudrait s'entendre sur le bien-fondé, sur la valeur des intuitions philosophiques. Par exemple, ce n'est pas parce que j'ai tout à coup cette vision, cette<br /> fulgurance que ma pensée se révélera positivement bonne. Un jour, j'essaierai de m'expliquer mieux là-dessus. Aujourd'hui je suis assez expéditif.<br />
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A
<br /> Plutôt m'a réponse que je t'avais écrite ne s'est pas inscrite ici, tu en trouveras une version détutoyée concernant ta demande de précision sur ce que pouvait être un "saut quantique" de la<br /> pensée.<br />
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A
<br /> Ces réponse figurent (corrigée et amendée pour la dernière) sur mon blog.<br />
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A
<br /> Pour répondre à ta question sur les "sauts quantiques" dans la pensées (c'est une métaphores) : ce sont les fulgurances chez Bergson et les déterritorialisations absolues de la pensée chez<br /> Deleuze, une forme de non-fixation que l'on retrouve quand tu parles du délire. Je ne développe pas ici (comme je l'ai fait dans ma thèse) sur les fulgurances (qui plus que des délires sont des<br /> recoupements), mais petite citation : "Rejouer cette éternité, c’est admettre une transmutation, un seuil franchi, une connexion eurêka dans le cerveau. " Pour romantiser on peut parler d'une<br /> éternité vécue come un délire socratique ou une ivresse, mais le précipité ou le résultat comptent, données que tu laisses de côté en bon intensif. Peut-être que le shoot peut durer plus<br /> longtemps et ne pas faire que la déterritorilisation ne soit que relative (c'est-à-dire reprise dans la matrice des conventions en tout genre). La déterritorialisation d'un électron hors du<br /> réseau cristallin de la "matière" est ce que l'on nomme saut quantique (mais ilexistent dès qu'un électron saute d'une couche d'électron à l'autre jusqu'à quitter l'atome, se déterritorialiser du<br /> territoire de la matière, bien souvent on les perd sauf à les nclure dans un puits quantique fait à l'aide de matériaux sémi-conducteur (à base de silicium), d'où l'intérêt de Deleuze à deux<br /> reprise pour les "potentialité des semi-conducteurs"). Je te donne ici mon attrait pour Mille Plateaux, le même je pense que celui de Claro (avec sdon blog le Clavier Cannibale). La pensée<br /> classique est fait de représentations c'est-à-dire de transposition dans un ordre symbolique des rapports de forces immanents, la pensée "quantique" est dans l'ordre métabolique des<br /> transmutations (la transformation chez Kafka, plus présente qu'on ne croit, cf. les imitations dans le journal 26 décembre 1911, dans le Genêt de Sartre, même s'il manque quelque types de<br /> métamorphose, etc. ...).<br />
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A
<br /> Enfin ramener la Révolution numérique (et derrière la Révolution quantique) au paramètre internet et texto, c'est manquer ce que certains logiciels ont modifé dans la production (je ne souhaite<br /> pas faire ici état de mon expérience personnelle mais chaucn peut avec un traitement de texte et une imprimante produire et diffuser ses propres textes). Cela va bien au-delà dans les logiciels<br /> spécialisés, ce qui réduit le nombre de personnes sur un projet...<br />
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A
<br /> Je n'aurai jamais pu écrire ma thèse, je crois, à une autre ère que l'ère numérique, cela aurait été trop coûteux en énergie. Après je ne ferai pas état ici de mes prétentions ou des conséquences<br /> que j'en espère (ce qui reviendrai à tomber dans l'illusion de la subjectivité). Il y a un changment évident dans ce que l'on nomme travail, calcul mais aussi ce qui relève du fastidieux.<br /> <br /> Pour en revenir au texto. On peut se rencontrer plus facilement (on rate des rdv si on n'a pas son portable à Paris). Sans doute le temps est haché mais on peut très facilement se déconnecter<br /> aussi. L'édconomie de la contribution fait que la bureaucratie n'est plus étatique (qu'en tout  cas l'administration d'un territoire change d'échelle, pour rester prosaique).<br />
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A
<br /> La révolution numérique est neutre ou basé sur la neutralité de son expansion qui elle permet l'expression d'applications subjectives (comme le suggère maintes et maintes fois Benjamin<br /> Bayart), c'est peut-être cela qui dérange, je ne suis pas d'accord avec vous mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que vous puissiez l'exprimer. C'est un peu comme si on vous<br /> disait que la Révolution copernicienne n'avait pas eu lieu simplement parce qu'elle n'était pas subjective mais modifiait le dispositif de nos connaissances.<br />
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A
<br /> Le changement de support de la mémoire a une importance même sur le cerveau et comment on s'en sert. Je me moque du consensus obtenu par les réseau sociaux, textos, etc. L'imprimerie (qui repose<br /> sur le mode éditorial de la prise de risque et donc aussi sur la banque italienne) a permis l'émergence de la connaissance (la science surtout avec les Grecs ne prodédait pas par connaissance,<br /> mais par rapport à l'être). Je dis sans doute des fadaises mais cela transforme notre rapport au savoir qui se fait désormais via l'information et sa computation. Cela augmente simplement la<br /> capacité de réalisation d'un individu.<br /> <br /> Tu veux toujours parler de la révolution sur un mode subjectif et réactif, sans doute les changements de paradigme ont plus d'importance sur ce que devient la réaction populaire (même si cette<br /> ensemble de vient très flou sous l'action d'internet). Je sais qu'il y a des ouvrages qui ne pourrait s'écrire sans internet et qui dès lors ne s'écrivent plus assis à un bureau (comme<br /> anti-chambre de la bureaucratie étatique). Je veux bien paraître délirer mais position même de l'écrivain influe sur ses viscères... Que les pensées et les changements de perspectives viennent en<br /> marchant cela se voit chez les Péripapéticiens, chez Socrate traversant le ruisseau dans le phèdre, chez Nietzsche et même chez Kant (comme on pourrait l'entrevoir dans ton dernier article).<br /> <br /> <br /> autre chose nous n'aurions pas la possibilité de communiquer autant (nous deux ou d'autres). Et notre vie ne se limite pas à des écrans, il nous serait difficile de faire l'amour ou l'amitié avec<br /> eux. Par contre comme beaucoup d'éditeur (de l'ère numérique) tu sembles demeurer dans le cadre du livre, de la pensée-livre.<br /> <br /> <br /> Internet permet les recoupements (dimension bergsonienne de la pensée) qui ne relève pas d'un sujet mais d'un langage et augmente, selon moi, le nombre de fulgurance (ou vivacité d'"esprit",<br /> agkinoia en Grec). Cela n'enlève rien à la prudence qu'il faut aussi avoir notamment dans la réception de mes propos "enflammés" ou "positivistes".<br /> Tous les sites d'indexation d'images (Panoramio) ou de modèles 3D (google earth à termes avec les articles de wikipedia) me semble agence le savoir sous la forme d'informations tout autres que<br /> les connaissances des bibliothques humaniste.<br /> <br /> <br /> Ta réaction est un peu celle d'un Grec qui suggèrerait que l'invention de l'alphabet vocalique et de la monnaie numéraire n'a eu aucune influence sur le savoir (l'hébreu et l'araméen sont<br /> consonantiques d'où la dimension éternelle de prétrise et d'interprétation).<br /> <br /> <br /> L'insignifiance a toujours dérangé ne serait-ce que Castoriadis. C'est cette montée que tu relève parce qu'il me semble tu ne perçois pas les nouveautés, le changement radicale qui se passe dans<br /> la rue au niveau des commerces (qui bientôt ne seront tenu que pas des aristocrates, ce qui est un renversement, mais je le vois avec la noblesse vietnamienne par exemple, Nietzsche avait suggéré<br /> cette possibilité du fait du nivellement démocratique qui va dans le sens du Surhomme, c'est-à-dire le déploiement d'un "nous" sur l'ensemble de la Terre via internet, ce qui est une<br /> définition-réduction possible du surhomme). La possiblité de n'avoir plus seulement une identité mais des avatars, pseudonymes, hétéronymes plus flagrants et nécessaire pour avancer (Picasso, Le<br /> Corbusier, Molière, Voltaire ont bien imposer de nouveaux noms, pris un pseudo, Pessoa était dans l'hétéronymie comme Gary). Il n'y a plus de rapport à la postérité qui hantait tant les gens.<br /> <br /> <br /> Que les gens s'exprime par ecrit je ne voit pas le "mal", certesv il y a des choses sans importance mais c'est le premier pas pour sortir de la reflexion.<br /> <br /> <br /> Internet me semble-t-il change les perspectives dont la subjectivité (qui n'est pas le moi) n'est qu'une forme éparse, parce qu'il n'y a plus exactement de perspective dans un monde fini-illimité<br /> (pour donner une image c'est le fait de tourner son globe de google earth, lequel peut contenir tout le savoir ou en tout cas une quantité qui dépasse celle assimilable par un individu dans une<br /> vie).<br /> <br /> <br /> Internet a aussi l'avantage de permettre aux gens de s'exprmier sans trop se froisser les uns les autres. Mais la possibilité d'une révolution faux à la main semble révolue. Les gens<br /> délire sur internet et c'est cela qui est intéressant (en tout cas ce n'est pas un socratique comme toi qui va me contredire)<br />
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J
<br /> Anthony, les propos qu'on trouve partout sur la "révolution numérique" sont des fadaises. Où est exactement la révolution? Qu'on puisse passer des heures de vie devant des écrans, qu'on soit<br /> poursuivi partout par des sonneries, textos etc? A moins que la révolution ne soit le pouvoir donné à tous de s'exprimer. Qu'est-ce que cela change que d'entendre, vaguement, la rumeur lointaine<br /> de millions de voix qui s'expriment? Le monde va-t-il changer de base? Quant aux sauts quantiques dans la pensée, j'aimerais en savoir un peu plus. Peux-tu développer ton idée?<br /> <br /> <br />  <br />
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A
<br /> Alors que publie Germina en 2013 ?<br />
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A
<br /> Quelle est la prochaine publication de éditions Germe (Germina en Espagnol/Catalan). J'avais un temps oublié que tu étais Catalan de A à G. Ce qui veut dire une proximité avec Boreil et Rancière,<br /> une  envie de subjectivité révolutionnaire (comme ceux de la moitié Nord de la France). Les instincts familiaux sont parfois très ancrés dans les individus et mettent plusieurs sièclezs pour<br /> changer.<br />
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A
<br /> Le codage-decodage-recodage me semble plus important que n'importe qu'elle argumentation. Si bien qu'il n'y a pas à être d'accord ou pas. Celui qui veut surcoder, c'est-à-dire capturer<br /> symboliquement les existences par un discours n'a qu'à dire : "Ca suffit !". Ma thèse se situe à ce niveau, qui peut être contre ou pour l'existence des sauts quantiques (qui veut rejouer<br /> Schrödinger ?) ou qui peut nier la revolution numérique qui en découle ? Ensuite c'est simplement une affaire de finesse et de haute définition > de là pourrait naître le désaccord,<br /> l'insupportation (qui pasque la jalousie, thèse baudrillardienne).<br /> <br /> Je peux juste te dire q'il y a beaucoup de has been dès lors qu'on dit que la philosophie n'est ni transcendance ni immanence (ce qui était la thèse d'un philosophe que tu as édité mais qui a été<br /> incapable de tenir cela). C'est peut-être pour cela que Loraux confie qu'il ne peut plus identifier la philosophie ou que des wittgensteinniens comme Prado ou Soulez (peu connus mais dans une<br /> recherche intacte) sont dans l'embarras.<br /> <br /> Il y a une sorte de "mensonge" simple un discours retroactif classique qui masque la réalité quantique. Parler de matérialisme et spiritualisme (deux formes d'idéalisme à des degrés plus ou moins<br /> poussé) n'a aucun sens, tous les matérialistes sont idéalistes comme l'ont montré les années 60-70.<br /> <br /> Une fois saisi le nouveau cadre de pensée on purrait jouer argument contre argument.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A présent je vais essayer ce coller à ton texte, sinon tu vas me trouver pas assez dialecticien.<br />
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J
<br /> Salut Anthony, viens ici quand tu veux, tu es chez toi. Tu peux y mettre à l'épreuve ta pensée et ta thèse. On ne va pas être d'accord, ce sera donc bien.  Bonne année.<br />
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A
<br /> Bonne année Jean. Je lirai plus amplement ton texte avant que d'oser le commenter :) Bonne continuation et envergure pour les éditions Germina.<br />
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